Surville : retour vers le futur (6)

Surville : retour vers le futur (6) dans Vie locale 7usyehcwsoe développement de Surville et l’agrandissement de Montereau ne pouvaient se concevoir sans l’aménagement d’une Zone industrielle.

C’est ce que Mathieu PERCHEMINIER nous détaille dans la suite de son travail de recherche universitaire.

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Le binôme de la ZUP : une zone industrielle structurante à l’échelle régionale

(épisode 5)

 

« Un développement sensible mais progressif de l’agglomération de Montereau peut être envisagé à condition de lier la création de quartiers nouveaux d’habitation à l’implantation de zones d’activités provenant d’un desserrement de l’agglomération parisienne »(1)

A Montereau autant que dans les autres villes-satellites, il est prévu, parallèlement au grand ensemble, la création d’une Zone Industrielle apte à offrir aux nouveaux résidents les emplois indispensables à leur épanouissement au sein de la commune, et à la prospérité économique de celle-ci. Il est inscrit dans le PADOG qu’à Montereau, Meaux, Melun ou Mantes-la-Jolie, « une politique de construction de logements qui conduirait à doubler sensiblement leur population actuelle pourrait y être développée, mais seulement dans la mesure où des activités provenant exclusivement d’un desserrement de l’agglomération parisienne seront implantées simultanément »(2)

Notre ville représente un intérêt particulier aux yeux des responsables de l’aménagement de la région parisienne. Sa situation par rapport à Paris, son excellente desserte en voie navigable, voie ferrée et routes représentent des atouts indéniables. L’objectif est de faire de Montereau un centre industriel structurant, un moteur du développement du sud de la région.

Le périmètre de la ZI est délimité dans la plaine Saint-Maurice, à l’Est de confluent, en direction de Marolles-sur-Seine, sur une superficie de quelques 130 hectares.

« Son emplacement est remarquable en raison de sa proximité immédiate de l’agglomération (tout en restant très à l’extérieur de la ville proprement dite), de sa situation au Nord-est, les secteurs d’habitations étant ainsi à l’abri des fumées industrielles, enfin, des possibilités qu’il offre au point de vue des dessertes routière, ferrée et fluviale »(3).

A l’instar du grand ensemble, la ZI, dont l’objectif est, à terme, d’offrir 5.000 emplois(4), doit être réalisée en plusieurs tranches, afin de concilier harmonieusement développement démographique et économique. Dans un premier temps, une première tranche de 65 hectares est aménagée. Une seconde tranche est prévue, dans des délais qui seront établis en fonction de l’avancement du grand ensemble. Les ambitions affichées semblent parfaitement cohérentes, mais comportent une certaine opacité en ce qui concerne le calendrier précis de l’aménagement de la ZI. Aucune assurance écrite dans ce sens n’est mentionnée dans les documents officiels de sa mise en place, uniquement des garanties orales de la part de M. Clisson répondant aux inquiétudes d’élus à ce sujet :

« Il est impensable que 6.000 logements soient achevés sans que la ZI soit implantée ; nous avons de ce côté les assurances du Comité d’Aménagement du Territoire qui nous enverra des industries décentralisées de Paris (…) De cette façon, l’opération marchera de pair avec les constructions du plateau de Surville : nous possédons de ce côté le maximum de garanties»(5).

Petite ville industrielle, Montereau souffre d’un manque de diversité dans l’éventail des professions et qualifications représentées. Depuis la fin de la guerre, l’état de santé de son appareil industriel est inquiétant. Nombre d’entreprises ont fermé ou délocalisé leurs activités : la faïencerie en 1955, l’usine de produits pharmaceutiques Darrasse en 1956, la briqueterie (route de Provins) en 1962, le tortillard,… Et aucune implantation nouvelle n’est venue compenser le millier d’emplois perdus…

La ZI viendra donc conforter sa vocation de ville industrielle, permettra de la diversifier, et devrait relancer ses activités.

Les activités que la ZI de Montereau est sensée accueillir doivent exclusivement provenir de Paris ou de sa proche banlieue saturée. L’optimisme est de mise. Le bulletin municipal de 1966 (le premier de la commune) fait le point sur l’avancement de la ZI. Il y a, en 1965, « 60 hectares à la disposition des industriels, 162 demandes de renseignements, 19 sociétés agréées, 600 à 700 emplois créés »(6). Les équipements dont elle dispose sont complets : assainissement, énergie électrique, gaz, éclairage public, téléphone, voies de circulation, embranchements SNCF, DARSE donnant sur la Seine.

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Un problème se pose, et non des moindres : comment faire en sorte que seules des usines parisiennes viennent remplir la ZI ? Le PADOG répond à cela :

« Il ne s’agit pas de faire venir des industries extérieures à la région, mais de décentraliser Paris vers l’extérieur de la région (…). Cette opération est facilitée par la politique des agréments »(7).

En effet, afin de pouvoir s’implanter à Montereau, « les candidats doivent obtenir (…) l’agrément réglementaire d’une commission nationale spécialement habilitée à cet effet »(8).

Montereau sera la capitale régionale du sud-est de l’Ile-de-France, assure-t-on, c’est inéluctable…

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Mathieu PERCHEMINIER

Chargé de mission en développement social

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(1) Ministère de la construction, commissariat à la construction et à l’urbanisme pour la région parisienne, service de l’aménagement de la région parisienne, PADOG, mars 1960.  Cote : SC 4509.

(2)  SESM, Urbanisme et aménagement, Mémoire justificatif sur l’aménagement de Montereau, n°28, 15 septembre 1958.  Cote : SC 4530.

(3) André Lesourd, Desserrement industriel et croissance urbaine à Montereau, Mémoire de maîtrise de géographie, Paris, 1972.

(4) Délibérations du conseil municipal, Urbanisme / ZUP de Surville, Plateau de Surville, financement, dossier FDES, n°40, 23 septembre 1960, p.145.

(5) Ville de Montereau, Bulletin municipal, 1966, p.18.

(6) Source : Ville de Montereau, Bulletin municipal, 1966, p.19.

(7) Ministère de la construction, commissariat à la construction et à l’urbanisme pour la région parisienne, service de l’aménagement de la région parisienne, PADOG, 1956-1960.  Cote : SC 4506.

(8) Ville de Montereau, Bulletin municipal, 1966, p.18.

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A suivre !
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6 commentaires

  1. locke dit :

    Qu’est-ce que c’est, le tortillard ?

  2. Yves POEY dit :

    Je crois que c’était une ligne de chemin de fer qui reliait Montereau à Egreville :

    http://pagesperso-orange.fr/lorrezlebocage-preaux/html/histoire/gare.htm

  3. p'tite souris dit :

    sans oublier les fermetures des briqueteries Sachot et Baudelot (rte de la Gde Paroisse),
    L’Usine Besson (charpente metallique) et Baldon (fabrique de Bakelite qui employait essentiellemnent une main d’oeuvre féminine)
    La sucrerie, Rustic (semoirs) Chapsol (produits de construction)…. oui Montereau a vu toutes ces industries
    disparaitre peu à peu, pour devenir la grande « sinistrée »
    du Sud Seine et Marne.

  4. Billoute dit :

    Sans oublier Kuhn-Nodet, plus tard…

  5. bucolique frenetique dit :

    Et Darras, au pied du pont de Moscou, qui fabriquait des confiseries,et aussi ce que nous appellions « Les Soutien-gorges », usine dépendante de la marque ROSY, rue des Dames,
    La corderie de St Nicolas, la tannerie, l’ usine Messain charpente métallique comme Besson et Lepeu, Ratoschrome à Varennes, Guy Frères à St Maurice, fabrique de limes, les champignonières de St Nicolas, Polyplac, route du cimetière,
    les chantiers navals rive gauche, la scierie Bérard, l’ inoubliable Faïencerie, la piperie ( j’ en ai quelques unes),
    Et je crains d’ en oublier encore, en bref, un bassin d’ emplois hors du commun.

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