Archive pour 16 mai, 2009

Surville… La cité maudite ? (3ème partie)

Voici le texte bouleversant de Nadia, la soeur de Mehdi, ce jeune homme qui a passé trois années à Fleury-Mérogis pour rien.

Un vrai témoignage.

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Quand et comment pourra-t-on oublier les menottes aux poignets qu’on lui a mis ce lundi 2 mai 2005 quelques heures à peines après la macabre découverte?

Quand et comment pourra-t-on oublier ces 48 heures de garde à vue qui ont duré trois ans ?

Quand et comment pourrai-je oublier cette  femme blonde, officier de police, qui m’a fait croire deux heures à peine après l’interpellation de Mehdi que mon frère était un assassin ? 

 Quand et comment pourrai-je oublier la peur qui m’a envahie ce soir là ?

 Quand et comment pourra-t-on oublier ce mercredi 4 mai 2005 quand elle nous a dit : « ne vous inquiétez pas ce soir il rentre à la maison », elle avait juste un peu oublié de nous dire que ça durerait  trois ans.

Quand et comment pourra-t-on oublier cet acharnement médiatique et toutes ces accusations avant même qu’un juge n’ait tranché ?

Quand et comment pourra-t-on oublier les quelques journées entières passées dans la salle des pas perdus avec les enfants à attendre un bisou, un câlin, un petit mot tendre, juste de quoi réconforter les enfants que nous avions protégés de  »l’étiquette » de visiteurs de prison.   

Quand et comment  pourra t-on oublier ce jour de parloir lorsque Mehdi m’a dit : « Tu sais, après 48 heures de garde à vue… Tellement j’avais dit que j’étais innocent, et tellement les policiers ne m’avaient pas cru, que lorsque j’ai été déféré au parquet, j’ai écouté l’accusation, mais à ce moment là, je n’ai même plus osé dire un mot. Si la juge m’avait dit que j’allais sur la chaise électrique, j’y serais allé et j’aurais fermé ma gueule. »

Quand et comment pourra t-on oublier la douleur et la peine de mes parents, mes petits frères, mes petites soeurs, de mes enfants, de Mehdi, la mienne et celle de tous ceux qui nous entourent ?

Mais comme mon père nous l’a si bien dit, pour nous réconforter comme il sait si bien le faire:  « ‘Hamdoullah’ notre fils est vivant ! ».

Notre grand regret, c’est quand même ce sentiment persistant de n’avoir jamais, jamais, au grand jamais rencontré « la présomption d’innocence » dont on parle tant.

Ce lundi 2 mai 2005 dure depuis quatre ans, il est grand temps que chacun prenne ses responsabilités. 

Ô combien il a été pénible, chagrinant et douloureux de croiser les mots et le regard du fataliste qui n ‘y croyait plus.

Mais quoi qu’on en dise, à Surville, la sincérité, l’honnêteté, la solidarité et la fraternité ne nous ont pas quittés.

Autant dire qu’on n’a pas l’intention de continuer à vivre en silence et fatalement l’irresponsabilité grandissante qui commence à faire de Surville un jardin d’enfants au mieux, une jungle, au pire

On vit parmi des assassins dangereux, on paye des taxes et des impôts pour vivre en paix,  alors que chacun fasse son boulot mieux que ça n’a été fait jusqu’à présent !

On ne pourra pas revenir en arrière sur le passé et ce qu’on a vécu c’était bien notre mektoub (c’était prédestiné). 

Mais on doit oeuvrer pour son destin, parce qu’à force de fatalité et de résignation, on finira à trop ressembler aux animaux.

On ne demande rien de plus que notre DROIT en tant qu’humains et en tant que citoyens !

Nadia B.

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Nadia, les orchidées survilloises qui suivent, je te les offre, à toi et à tes proches…

Tu étais d’ailleurs là, avec tes enfants, lorsqu’elles ont été photographiées, mardi soir dernier, dans la réserve naturelle.

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L’orchidée Mouche

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L’orchidée « Deux feuilles », qui ne pousse que dans les sous-bois.

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