Archive pour 17 septembre, 2009

Lettre ouverte à Yves Jégo. Mais où est donc passé le GIP ?

Lettre ouverte à Yves Jégo. Mais où est donc passé le GIP ? dans Vie locale 090916121307390114460375hristian Siloé est un artiste-photographe reconnu.

Christian Siloé, vous l’avez peut-être déjà croisé, à Montereau-Surville, et peut-être même vous a-t’il pris en photo dans le cadre d’un important travail artistique consacré à la mémoire des habitants du quartier.

Pour vous rendre compte de la qualité de ce projet, allez donc faire un long détour sur son site :

http://www.christian-siloe.fr/

Aujourd’hui, Siloé est très amer, pour ne pas dire plus…

Il a écrit, et a lui-même distribué mardi dernier à Montereau une lettre ouverte à Yves Jégo, co-président du GIP.

Des promesses avaient été faites, et apparemment, des promesses n’ont pas été tenues…

Avant de vous livrer cette lettre ouverte  qui vous donnera bien mieux que je ne pourrais le faire tous les détails, j’aimerais, pour bien fixer le cadre, vous rappeler ce qu’est le GIP, et vous faire part d’une étrange rumeur circulant sur son compte.

Le GIP, Groupement d’Intérêt Public « Coeur de Quartier » de Montereau, co-présidé par Yves Jégo et Michel Guillot, ci-devant préfet de Seine-et-Marne, est un organisme qui avait été créé (je fais court) pour gérer les importantes subventions de l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine.

C’est cet organisme dirigé par Monsieur Forestier, le directeur dont il est question dans la lettre ouverte, qui avait demandé en 2004 à Siloé d’intervenir sur le quartier.

Or une question se pose en ce moment :

Mais où est donc passé ce GIP, pourtant reconduit jusqu’en 2012 ?

Lundi dernier, le patron d’une importante administration, à Montereau, annonçait en réunion d’équipe la dissolution pure et simple de cette structure !

De plus, on sait que M. Forestier, son désormais ex-directeur, vient d’être intégré maintenant dans l’administration de la  CC2F, notre Communauté de Communes…

J’ai téléphoné en Préfecture où l’on m’a pourtant assuré « qu’à priori rien n’avait changé« . Je cite…

Mardi après-midi, Christian Siloé s’est rendu aux locaux du GIP : il n’y a trouvé personne.

Les coordonnées téléphoniques n’apparaissent plus dans les pages jaunes ou blanches :

090916114930390114460266 dans Vie locale

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Etonnant, non ?

Ah ! Ces mystères monterelais !… 

A la lumière de ces quelques précisions, je vous laisse prendre connaissance de la lettre ouverte.

Une lettre ouverte qui démontre au passage qu’en plus d’être un talentueux photographe, Christian Siloé maîtrise tout autant l’écriture.

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Lettre ouverte à Monsieur Yves Jégo, Député-maire et Président du GIP de Montereau. 

Conches lundi 14 septembre 2009 

.
Monsieur le Président,

Pendant cinq ans, j’ai réalisé dans votre ville l’ambitieux travail de mémoire que vous m’aviez proposé et je vous remercie de la confiance que vous m’aviez accordée.

Pendant cinq ans, j’ai photographié hommes et pierres pour témoigner de la reconstruction de Montereau-Fault-Yonne.

Photos de chantier et photos de famille ont été appréciées et vous m’en avez complimenté dans plusieurs courriers.

Aujourd’hui, je reviens vers vous pour formuler quelques réserves sur la réussite totale d’un grand projet amputé de sa conclusion. Il était prévu l’édition d’un livre de 120 photographies en même temps qu’une exposition finale.

Vous-même demandiez au GIP « la réalisation d’une fresque monumentale… inspirée par mes photographies.» Au lieu de cela, le directeur du GIP me signifie que mon travail est terminé.

Dans le document que nous avons négocié en 2004, il était entendu que ces photographies devaient mettre en lumière l’importance sociale des travaux, valoriser l’image de la Ville Haute et de ses habitants, tout en s’inscrivant dans un projet national.

Ces photos font maintenant partie du patrimoine de Montereau-Fault-Yonne et sont sa mémoire. Ne pas faire la promotion du travail accompli en cinq ans remet en cause la sincérité de la Politique de la Ville. La cohérence de ce projet, inséré dans mon engagement de dix-sept ans au cœur des quartiers populaires de France, est détruite. Au moment où l’UNESCO reconnaît l’intérêt de mon travail, alors que l’ANRU m’achète des tirages pour le cabinet de la Ministre en charge de la Politique de la Ville, il est stupéfiant que le directeur du GIP se prive d’une communication favorable à son employeur.

Méconnaissant l’importance de la qualité des photographies pour rendre compte de la construction, le directeur du GIP pense se satisfaire de tirages bon marché, en dehors des tarifs de la profession. C’était pourtant le bon moment pour attirer l’attention des médias sur Montereau-Fault-Yonne, le GIP et l’ANRU.

Quand on consulte le site de l’ANRU, on constate que je suis le seul photographe en France qui rende compte d’un grand projet de reconstruction avec une vision d’auteur. Ce travail, je l’ai fait en photographiant la pierre et les hommes. Alors pourquoi ne pas avoir regardé mes propositions pour l’édition de l’ouvrage ? Lors de ma rencontre avec les élus le 19 décembre 2003 à la Mairie de Montereau, il était convenu que la Ville Haute serait un exemple pour la Politique de la Ville. C’est dans ce cadre que ma proposition de travail a été choisie et l’édition d’un ouvrage était évidente pour tous.

Aujourd’hui, le directeur du GIP oppose l’argument du bon usage de l’argent public. Cela ne tient pas, puisque toute mon expérience  personnelle le contredit. Comme vous le savez, je suis Maire-Adjoint depuis 1977, chargé des affaires culturelles dans ma commune de Conches en Ouche, une ville de seulement 5000 habitants. J’ai créé le Musée du Verre et fait de celui-ci le deuxième musée en France pour le développement de la création du verre contemporain. Il est labellisé Musée de France. J’ai également créé une Biennale Européenne de l’image. Je sais trouver les financements pour acheter des oeuvres à des artistes et enrichir les collections,  pour éditer chaque année des ouvrages photographiques de référence et pour financer la création d’expositions prestigieuses – ceci à l’occasion des projets artistiques que je mets en œuvre. C’est une simple question de volonté et le  directeur le sait bien puisqu’il y a quatre ans, sans difficulté aucune, il a su financer une exposition de 40 de mes photographies pour qu’elles « décorent » le passage express du Premier-Ministre dans un couloir.

Une autre remarque à propos de l’idée que le directeur du GIP se fait du droit moral et de la propriété intellectuelle. 

Mes photographies de Montereau sont diffusées sur le site Internet de l’ANRU avec un autre copyright que le mien et le site de votre ville ne mentionne même pas mon nom.

 J’ajoute à ces irrégularités, la publication sur des cartons d’invitation de photographies prises dans d’autres quartiers de France, sans mon autorisation ni rémunération. Or, le diffuseur doit s’assurer que le droit moral de l’artiste est respecté pour les œuvres qu’il diffuse.

Comment pouvais-je imaginer que je serais confronté à cette situation dans une ville dont le Maire est également un écrivain reconnu ?

La longue succession de « mesquineries » pour d’obscures raisons, par exemple mon nom  absent sur les cartons d’invitation ou en caractères minuscules prétendument à votre demande… mon listing d’adresses refusé… la presse nationale pas informée…, FR3 oublié… Je mets tout cela au compte de ses difficultés relationnelles bien connues et je me refuse à penser que mes contacts avec l’ANRU ont cessé sur une intervention du directeur du GIP afin que je ne puisse plus travailler en France.

Quant à Volti, sculpteur de réputation internationale, il risque lui aussi de faire les frais du comportement désinvolte du directeur du GIP. Montereau a la chance de posséder une de ses œuvres intitulée « Les Deux Fleuves.» Mais après son stockage durant les travaux, elle doit être amputée de son bassin, partie intégrante de l’œuvre, sans que le directeur s’en émeuve.

Pour en terminer, j’attire votre attention sur les conditions de l’appel d’offre de novembre 2008 et je demande l’égalité de traitement avec les autres candidats. Une consultation a été organisée par le directeur afin de recruter un photographe pour poursuivre à l’identique le travail de mémoire commencé pour les chantiers. Malgré la qualité reconnue de mon travail, ma candidature a été rejetée selon le critère du mieux disant.

J’observe que cette décision intervient après un désaccord en décembre 2006 alors que le directeur du GIP décidait de me remettre en concurrence sans tenir compte du contrat signé en 2004. Votre intervention, avec le soutien constant de Madame Hassler, a résolu le problème malgré les obstacles obstinément dressés par le directeur.

Comme je m’interroge sur cette décision, vous me précisez dans une lettre que mon éviction est due au fait que le GIP a retenu une société de communication à bas coût qui va faire des films. Mais la prestation dont vous parlez n’a rien à voir avec les termes de la consultation à laquelle j’ai répondu et qui correspondait en toute logique à la poursuite des prises de vue.

C’est donc un choix négatif visant à m’éliminer qui a été fait, un choix sans  rapport avec les espoirs que la population met dans mon travail photographique pour la reconnaissance de la Ville Haute, un choix sans rapport avec les intérêts de la ville de Montereau-Fault-Yonne et de l’ANRU.  

A l’évidence, il est temps de nous rencontrer pour remettre à plat cette affaire. Partout dans votre ville et pendant cinq ans, chacun a donné le meilleur de lui-même pour permettre à cette campagne photographique de réussir, de valoriser l’image des habitants, de rendre compte de la Politique de la Ville à travers votre travail et malgré « le peu d’enthousiasme » du directeur du GIP.  Au plus haut niveau de vos services et jusqu’en décembre 2008, vos cadres m’ont envoyé des mails de félicitation pour mon travail, vous-même m’écriviez : « …La qualité de votre travail, la finesse d’approche, la sensibilité et l’humanité émanant de vos photographies apportent la réponse exacte à mon souhait de faire entrer ce grand chantier tant dans l’histoire de notre pays que dans les albums de famille… »

J’exprime ici les même souhaits que vous et les termes de votre lettre disent que ce chantier photographique mis en œuvre avec l’ANRU mérite mieux que le sort qui lui est fait.

Je me permets de solliciter un rendez-vous pour que nous en parlions car je pense que le directeur du GIP a fait preuve de légèreté.

Depuis huit mois, j’ai continué à mes frais les prises de vue dans votre ville, il est encore possible de rattraper cette affaire et de la reprendre dans de bonnes conditions en 2010.  

Je vous adresse, Monsieur le Président et Député-maire, l’expression de mes meilleurs sentiments.

Christian Siloé

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Bien entendu, sur Flamberge, je reviendrai sur ce dossier dès que de nouveaux développements apparaîtront !

Et un rappel :

http://www.christian-siloe.fr/

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