Archive pour 2 février, 2010

Monter à crue ?

Monter à crue ? dans Vie locale 100131044134390115350552e vais laisser aujourd’hui le traitement de texte à Marius Doridot, ancien élu monterelais, et qui, en sa qualité d’ingénieur géologue, va nous apporter des précisions fort intéressantes quant à l’hypothèse d’une nouvelle crue à Montereau. Il va également répondre à des questions tout à fait légitimes.

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Une crue comme en 1910 reste-t’elle probable ?

Une crue équivalente à celle de 1910 peut-elle se reproduire de nos jours?

Il serait bien imprudent de répondre par la négative, même si les arguments pour en minimiser l’occurrence existent.

Si le seuil d’alerte des 3 mètres ( 48,39 m NGF) pour la Seine à Montereau a été dépassé à 42 reprises sur un siècle entre 1885 et 1985, il faut constater que la fréquence de dépassement de ce seuil a très largement diminué depuis la mise en place des réservoirs écrèteurs de crues sur la Seine amont et sur l’Yonne.

Ces réservoirs ont donc eu un rôle bénéfique.

La multiplication plus récente des plans d’eau dans la Bassée et la vallée de l’Yonne correspondent à des zones d’accumulation donc de stockage des eaux en période de précrue, mais d’accélération d’écoulement en période de crue. Leur effet est donc à double sens selon l’intensité de la crue.

Le défrichage, la déforestation, la suppression des paysages de bocage, les cultures extensives, l’imperméabilisation des sols, sont autant d’éléments qui, par leurs actions contiguës, contribuent à accélerer l’écoulement ce qui est un facteur de crue dans les zones de rétrécissement des vallées.

Seine ou Yonne , quel est le coupable ?

Pour nous, Monterelais,le risque majeur vient de l’Yonne pour plusieurs raisons :

* La Seine dispose avec la Bassée d’une large base d’épandage en amont de notre agglomération.

* L’Yonne a un débit (en m3/seconde) bien supérieur à celui de la Seine en toutes saisons et un gradient d’écoulement plus accentué .

* Aux apports liés à la pluviosité sur le bassin versant s’ajoute pour cette rivière l’éventualité de la fonte des neiges dans le Morvan.

* Les études d’écoulement des crues de 1955 et 1985 montrent bien qu’à Montereau le pic des plus hautes eaux est lié aux apports de l’Yonne.

Quel constat pour Montereau ? Comment agir localement?

L’agglomération de Montereau est située dans une zone de confluence, cette zone urbanisée est construite dans un secteur de rétrécissement des lits majeurs des cours d’eau. Chacun sait que si l’on réduit la section, pour faire écouler un débit d’eau constant, il faut soit augmenter la hauteur d’eau, soit augmenter la vitesse d’écoulement soit agir sur les deux à la fois. Une précaution apparaît
également nécessaire : dans un tel point de rétrécissement, il semble logique d’éviter d’ajouter des obstacles à l’écoulement de l’eau, ce que les techniciens appellent des «effets barrage».

Si l’on ne peut pas répondre à l’éventualité du retour d’une crue comme en 1910, on peut par contre affirmer qu’une crue de moindre importance que celle de 1910 aurait des effets dévastateurs bien plus conséquents car l’occupation au sol est actuellement bien différente de ce qu’elle était il y a un siècle.

A défaut de pouvoir faire la pluie et le beau temps,il est possible d’agir pour limiter les effets nocifs d’une éventuelle future crue majeure. Pour cela, il faut commencer par concevoir un aménagement du territoire, une urbanisation et des constructions qui respectent l’écoulement potentiel des eaux. Ce n’est pas le cas actuellement quand on voit des immeubles récents installés de telle sorte qu’ils font barrage aux écoulements naturels. (Je pense notamment aux constructions de la résidence de l’aiglon implantées sur un ancien lit mineur d’écoulement des eaux des crues de l’Yonne et ceci perpendiculairement à l’axe d’écoulement de ces eaux. A titre d’information, les immeubles de l’OPHLM  construits au carrefour rue des Messieurs et rue du petit Vaugirard ,qui peuvent paraître bizarrement  implantés en biais l’avaient été autrefois de manière à  respecter l’écoulement des eaux.)

Alors Montereau zone à risques au confluent, oui, mais la Seine et l’Yonne ne sont pas les seuls coupables !

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Merci beaucoup Marius !

Quelques cartes postales de la crue de 1910 sont consultables ici :

http://inondation1910.free.fr/77_montereau.php

http://archives.seine-et-marne.fr/export/raw/le-diaporama-consacre-a-l-eau-en-seine-et-marne?mediaId=14

 Et voici où l’en en était au moment où j’écrivais ce papier :

http://www.vigicrues.ecologie.gouv.fr/niveau3.php?idstation=739&typegraphe=h&AffProfondeur=168&AffRef=tous&nbrstations=4&ong=1&Submit=Refaire+le+graphique+-+Valider+la+s%C3%A9lection

100131043711390115350536 dans Vie locale

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