Cette leçon vaut bien un fromage ?

Les semaines passent, et les couleurs du panneau ci-dessous passent et se fanent…

PANNEAU

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Ce panneau, c’est bien entendu celui qui « trône » depuis un bon moment déjà sur le chantier de ce qui devait être le pôle chirurgical mère-enfant.

Vous vous souvenez certainement de cet important dossier.

Je vous refais très rapidement le pitch :

Les dernières élections législatives approchant, notre Député-Maire-ex-ARES-PR-plus-UMP-UDI-Avocat-346-544 avait décidé de lancer la construction de ce pôle chirurgical mère-enfant.

Il avait décidé de passer en force en démarrant ce chantier, en y posant médiatiquement la première pierre, sans attendre l’avis de l’Agence Régionale de Santé, qui logiquement diligentera une mission d’évaluation de l’offre en place à Montereau.

Ironie du sort, l’ARS est une nouvelle structure mise en place suite à loi Bachelot…

jego-bachelot

Une loi que la majorité gouvernementale à laquelle notre édilanous appartenait avait pourtant votée !

On ne le répètera jamais assez, l’alors Umpien Yves Jégo a voté la loi qui a créé l’ARS qui « l’embête » tant !

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Bien entendu, heureux qui communique, il avait fait apposer un joli bandeau tout jaune :

POLE

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Le bandeau disparut dès octobre arrivé, et not’ bon maire nous promit alors qu’on aurait des nouvelles en novembre que cette fois ci ça y serait, croix de bois si je mens je retourne en outre-mer, ça démarrerait…

Bien entendu, il n’en fut rien.

Pour plus de détails, on pourra se reporter à mon papier du 20 septembre dernier :

LOGO

http://yvespoey.unblog.fr/2012/09/20/pole-mort/

Ne sachant apparemment plus comment faire passer la pilule à ses administrés, notre DM-ex-ARES-PR-plus-UMP-UDI-346-544 a donc posé une question orale au gouvernement !

Cette question orale, la voici.

Nous étions le mardi 4 décembre dernier :

Logo

http://www.nosdeputes.fr/14/seance/608#table_1448

Madame la ministre chargée de la décentralisation, ma question porte sur le devenir du centre hospitalier de Montereau, mais d’une manière plus large sur la question de l’hospitalisation publique dans le Sud de la Seine-et-Marne. Ce secteur comprend quatre établissements importants : les centres hospitaliers de Melun, de Fontainebleau, de Nemours et de Montereau, lesquels, malgré une vision du territoire qui n’est pas forcément partagée, se sont engagés il y a quelques semaines à travailler ensemble pour essayer d’élaborer un projet commun.

Qui dit projet commun dit aussi cohérence du soutien de l’État à son développement. Or, sur ce territoire, coexistent plusieurs projets qui semblent portés au gré des vents et des aléas, qu’il s’agisse des moyens de l’État ou des changements de stratégie de l’agence régionale de santé. Je pense au centre hospitalier de Melun, qui devait rassembler tout le pôle privé et le pôle public, mais qui aujourd’hui ne rassemble qu’une partie du pôle privé et peut-être le pôle public. Je pense aussi au devenir du centre hospitalier de Fontainebleau.

Pour ce qui concerne Montereau, qui est le coeur de ma question mais que je veux situer dans son contexte régional, nous avons engagé il y a plusieurs années un projet ambitieux de modernisation de ce centre hospitalier, obtenu des accords de crédits de la part de l’ARS pour le développement du pavillon mère-enfant et du pôle chirurgie. Ce projet avait démarré il y a quelques mois, il a été interrompu assez brutalement par l’ARS pour revoir ses conditions en raison de l’évolution de la situation financière du centre hospitalier. Il a été revu à la baisse pour prendre en compte cette réalité économique, puis le changement de gouvernement a fait que les choses ont été remises sur la table, ce qui me semble tout à fait légitime. Nous sommes en train de trouver un accord avec l’ARS pour restructurer le centre hospitalier, moderniser sa chirurgie, pérenniser son service de maternité et le rénover, afin d’offrir aux habitants du secteur un meilleur accès aux soins.

Je rappelle que la ville de Montereau est la plus pauvre d’Île-de-France et qu’avec 60 % de logements sociaux, elle constitue une poche de difficultés sociales que seule l’hospitalisation publique peut prendre en compte dans de bonnes conditions.

Madame la ministre, selon quel calendrier et dans quels délais peut-on imaginer avoir contractualisé avec l’ARS pour que le chantier interrompu du centre hospitalier de Montereau soit repris. Il y a urgence, y compris pour les entreprises qui tentent de savoir depuis plusieurs mois ce qu’elles doivent faire de leurs salariés.

Plus largement – mais je ne suis pas sûr que ce soit dans la réponse que les services du ministère de la santé vous ont préparée – quel est le délai pour l’organisation cohérente de l’hospitalisation dans le Sud de la Seine-et-Marne et comment prendra-t-on en compte la volonté manifeste des quatre centres hospitaliers de bâtir un projet commun ? Il serait bien que les autorités de tutelle viennent appuyer de leur soutien cette volonté de partenariat qui est une innovation dans un secteur où, pendant très longtemps, les hôpitaux se sont fait concurrence plutôt que de jouer la complémentarité.

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C’est Anne-Marie Escoffier, ministre déléguée chargée de la décentralisation, qui répondit à notre édilanous en ces termes :

AMEMonsieur le député, vous n’ignorez pas que ce sont des préoccupations que je partage, puisque je les ai vécues non loin de chez vous. Mais je vous donne la réponse de Mme Touraine qui, retenue au séminaire gouvernemental, ne peut vous répondre elle-même comme elle l’aurait souhaité.

Le projet initial de construction d’un bâtiment pour le pôle mère-enfant, dit « pavillon Chéreau », du centre hospitalier de Montereau a effectivement été arrêté par l’ARS d’Île-de-France en octobre 2011. La charge financière afférente à ce projet d’investissement n’était pas supportable par l’établissement, en dépit des aides publiques consenties pour l’accompagner dans sa nécessaire modernisation. Au total, 20 millions d’euros de subventions ont été perçus depuis 2005.

Suite à la décision de l’ARS, la direction de l’établissement a engagé un très important travail d’ajustement de son projet. Ce travail entre aujourd’hui dans une phase de validation par l’agence régionale.

Deux scenarii sont envisageables : le premier, chiffré à 16,5 millions d’euros, consiste à réhabiliter les locaux existants ; le second, chiffré à 22 millions, vise à construire un plateau technique neuf, en regroupant les blocs obstétrical et chirurgical et en rénovant les bâtiments existants.

La situation particulière de l’hôpital de Montereau, dans un territoire relativement éloigné du centre de la région et où la population est exposée à un haut niveau de précarité, justifie à elle seule le maintien du centre hospitalier. Ce maintien ne saurait toutefois se détacher ni des contraintes économiques, ni des contraintes réglementaires prises pour la protection et la sécurité des patients.

L’enjeu pour le centre hospitalier de Montereau, en effet, n’est pas seulement immobilier : les quatre hôpitaux publics du Sud de la Seine-et-Marne, conscients de la nécessité de s’allier pour renforcer l’offre publique dans ce territoire, élaborent actuellement un projet médical commun, qui définira leur stratégie pour les années à venir. Ce projet prévoit, par exemple, le partage d’équipes médicales pour pallier une démographie professionnelle particulièrement sinistrée.

L’hôpital de Montereau joue un rôle incontournable dans l’offre de soins qui dessert la population du Sud de la Seine-et-Marne. S’il est incontournable, il est également dans une situation de grande fragilité ; il doit faire face, comme beaucoup d’établissements publics de santé, à des déficits récurrents, à la difficulté de recruter des professionnels de santé, à la nécessité d’investir.

L’adaptation du projet du centre hospitalier de Montereau ne fait pas table rase des efforts consentis par le passé, notamment financiers. Les investissements déjà réalisés devront être amortis – sous réserve que les conditions réglementaires de fonctionnement soient respectées et que la qualité et la sécurité des soins soient garanties. Le partenariat en cours de formalisation avec, notamment, le centre hospitalier Marc-Jacquet de Melun va dans ce sens.

Ces partenariats ambitionnent de développer l’accès aux soins de la population monterelaise, par exemple en mettant en place des consultations de spécialité qui n’existent pas aujourd’hui à l’hôpital de Montereau et pourront être assurées par les praticiens de Fontainebleau, Nemours ou Melun.

C’est donc bien un projet global de modernisation et de renforcement de l’hôpital public de Montereau qui est en cours d’élaboration. Il pourra commencer à être mis en oeuvre dès le début de l’année prochaine. Le repositionnement de l’établissement devra être accompagné par l’ARS d’Île-de-France, notamment sur le plan financier.

Soyez assuré, monsieur le député, que je transmettrai vos questions complémentaires à Mme Touraine, de façon qu’elle puisse y répondre.

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On l’aura compris, cette réponse faite  à Yves Jégo, en termes choisis, certes,  signifie encore et toujours la même chose.

Cette réponse est destinée à faire comprendre à notre édilanous ceci :

On ne fait pas les choses tout seul dans son coin, sans tenir compte de personne, et ce pour des raisons électoralistes, quitte ensuite à accuser les méchants socialistes de tout faire rater.

La leçon aura-t-elle porté ?

Vous devez vous douter de ce que j’en pense personnellement….

Il reste néanmoins deux dernières interrogations :

Quel est le montant des indemnités dues aux entreprises qui ont commencé le chantier et qui va les payer, ces indemnités ?

Le saura-t-on un jour ?

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9 commentaires

  1. Quetzalcoatl dit :

    Travailler ensemble comme celui de concertation hier n’est pas vraiment un concept jégoïste.
    Ecouter l’opposition, c’est pareil.

  2. Anonyme dit :

    C’est une bonne nouvelle pour Montereau. IL va y avoir des consultations de spécialistes à l’Hôpital un secteur 1 ?

  3. Titi de mon trot dit :

    Au final, ce sont les monterolais qui vont payer l’excès de zèle de leur édile.
    Il reconnaît quand même que la ville qu’il dirige depuis QUINZE ANS est (devenue sous son règne) la plus pauvre du département (ça l’arrange dans ce cas de figure « hopital » de le faire remarquer) et qu’elle est constituée à 60% de logements sociaux donc de gens très modestes voir pauvres. Le seuil de pauvreté est à 970 euros mensuels, combien de monterolais de la ville haute ont moins encore pour vivre ? Cette situation ne l’empêche pas d’augmenter charges et loyers sociaux à sa guise dans de lourdes proportions et de « gaspiller » l’argent du contribuable dans des projets dépensiers à outrance (stand de tir, aquario club, caves de St Nicolas, quai des bordes, journées à un euro, journées Napoléon, subventions généreuses aux associations « amies », festival déficitaire etc.) Cette gestion très personnelle des finances municipales est bien de sa propre volonté.
    En attendant les contribuables monterolais déjà si peu nombreux mettent la main lourdement au porte monnaie (ville la plus pauvre où les impôts sont les plus élevés)pour satisfaire cette politique de dépenses municipales – sans pour autant non plus que notre édilanous s’émeuve de « charger » à mort en augmentations de charges et loyers les locataires HLM (pauvres parmi les pauvres)dont il était il y a peu de temps encore le président.
    Donc nous sommes pauvres quand ça l’arrange et suffisament riches pour payer loudement dans d’autres circonstances. Cherchez l’erreur.
    Politique de gribouille que nous payons tous(riches comme pauvres) malheureusement mais il n’en n’est pas à une contradiction près.

  4. Le cannois dit :

    La remarque de Titi est très juste : des fois ça l’arrange de considérer que Montereau est une ville pauvre. La preuve.
    S’il l’avait fait valoir tout de suite dans le dossier, peut-être que l’ARS aurait été plus à même de considérer le dossier.

  5. halt... à la désinfo. dit :

    Aux dires de Jégo, ce serait grâce à lui si le chantier de l’hôpital redémarrait !
    Il oublie de préciser que c’est à cause de lui que l’ARS avait pris des mesures drastiques et que depuis 2011 les travaux étaient arrêtés. En période électorale, il se faisait fort d’avoir obtenu un accord de X.Bertrand sur un projet « révisé et redimensionné » ( en clair à la baisse )… qui devait débuter en mars 2012 !
    Ajuster, avoir un projet médical commun … et attendre la validation de l’ARS : en effet une sacrée leçon pour celui qui affirme pouvoir décider de tout.

  6. Doe dit :

    L entreprise Boyer en à déjà pour quelques millions de pertes. De quoi fragiliser une entreprise entraînée malgré elle dans le sillage…
    Peut être travaillera t elle sur napoleonland pour compenser ses pertes ?

  7. Anonyme dit :

    @Doe.J’espère que Jego n’a pas promis ce marché à l’entreprise, car cela ne se fera jamais. Je ne vois pas ni l’état, ni la région , ni le département mettre de l’argent aujourd’hui sur un parc d’attraction ( en plus pour un esclavagiste !)alors que l’objectif aujourd’hui c’est la réindustrialisation.

  8. henri auclair dit :

    Si Yves Jégo avait eu la preuve écrite et signée de l’ARS que les travaux pouvaient commencer, il l’aurait produite et en userait pour témoigner de son innocence dans l’arrêt des travaux.
    Dès lors que l’état s’engage sur la réalisation d’un projet comme celui de l’hôpital de Montereau il est tenu d’en assurer le financement. C’est ce que l’on appelle la parole de l’Etat.
    Yves Jégo a fait démarrer les travaux en espérant forcer la main de l’agence régionale de santé laquelle avait des consignes de son ministère ( celui de Roseline Bachelot puis Xavier Bertrand )pour une modération des dépenses. Qui va payer ce passage en force?
    Il n’y a pas un seul administré monterelais qui ne souhaite pas disposer d’un service de santé exemplaire. Cette volonté d’un service public performant n’est pas le monopole du seul maire!

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